Faut-il dire que le SDIS 44 a freiné des quatre fers pour admettre que l’accident grave existe en son sein?

Qu’il s’est tant fait désirer ce CHSCT extraordinaire …

Faut dire que l’administration a freiné des quatre fers pour admettre que l’accident grave existe bien en son sein.

Après moult interventions auprès des diverses strates de notre administration, nous étions presque résignés, quasi fatalistes … mais bien colères !

Nous avons eu droit à une présentation des trois accidents graves de la part du technicien en hygiène et sécurité. Reconnaissons-lui un travail méthodique, détaillé, investi et préfigurant enfin une vraie prise en charge de la gravité des faits.

Sur ce premier accident grave, lors d’un exercice de maintien des acquis SAV1, il semble que l’intégrité structurelle du gilet Aquavet Nevpro ne soit pas la cause de l’accident. Mais, vu l’absence d’une réelle analyse technique fiable du matériel, le manque de contrôle sécuritaire avant l’engagement par l’encadrement, les nombreux dysfonctionnements, la vérité restera voilée !

L’administration tente de nous rassurer en nous informant que l’organisation du CND a évoluée depuis cet accident, par la mise en place de 11 mesures, dont 7 sont déjà effectives :

– contrôle croisé ventral et dorsal du gilet
– contrôle du carnet technique départemental de chaque stagiaire
– mise à jour du fascicule de formation pédagogique
– apprentissage de techniques de dégagements subaquatiques
– mise en place d’une liste d’aptitude des formateurs nautiques
– création de fiches de sécurité à destination du sauvetage côtier
– mise à jour de l’ensemble de la documentation générale
– désignation d’un formateur dédié uniquement à la sécurité
– présence d’un sac prompt secours complet obligatoire
– possession d’un téléphone GSM dédié
– réflexion d’un mémo visant à faire évoluer les entrainements départementaux en FMA

Nous regrettons néanmoins qu’il ait fallu cet accident grave – avec un tel impact sur la sapeur-pompier professionnel blessée – pour voir arriver ces recommandations. Sachant même que certaines d’entres-elles existaient déjà mais n’étaient toujours pas appliquées.

Le médecin-chef confirme la mise en place de deux sac PS à disposition des stages formatifs. Puis, à la demande du DDA, il aborde l’état de santé de la blessée, nous expliquant le véritable psycho-traumatisme qu’elle vit aujourd’hui. Période pouvant être longue et humainement très difficile.

Nous ne sommes qu’à moitié satisfait de cette première analyse et pour diverses raisons. Nous l’avons provoquée, suivie et défendue pour notre collègue blessée. Qu’elle soit assurée de notre plein soutien.

Sur ce second accident, lors d’une phase d’apprentissage dans le cadre de la formation SAV2, nous comprenons que les problématiques organisationnelles, matériels, communicationnelles, sont bien à l’origine de l’accident.
Fort dommage quand à 2 mois de distance, ces deux accidents souffrent des mêmes maux.

Insistant sur la nécessité d’agir sur l’ensemble de ces facteurs, auxquels nous estimons nécessaire d’y ajouter le champ pédagogique, ainsi que le suivi de l’après accident. En effet, dans ce cas bien précis, l’accidentée souffre d’un réel accompagnement administratif. Les conséquences de cet accident ont un impact, certes, sur son implication au sein du SDIS, mais ont surtout un retentissement profond sur son activité professionnelle.
Là aussi, nous rappelons notre engagement sans faille à cette jeune SPV.

Croyons avoir été entendu et gageons que tout va être, maintenant, mis en place pour faciliter la sécurité des personnels en manouvre/ formation.

Le DDA conclue ces deux analyses par sa volonté de tout mettre en place pour protéger ses personnels. Il est à l’écoute de toutes actions pouvant améliorer la sécurité.
Chiche …

Le troisième accident intéresse un feu de pavillon sur la commune de TOUVOIS. C’est le responsable du groupement de Bourgneuf qui s’y colle. Explications détaillées, illustrées de plans et autres photos du pavillon.
L’accident thermique est bien validé par un stress thermique qui toucha les 2 SPV impliqués au cours de la première action de cette intervention.
Passons les apports techniques forts intéressants et primordiaux à la compréhension de l’accident et entendons qu’il faille maintenant poser un schéma d’évolution afin de limiter ce genre d’accident grave.
Il est indispensable d’agir sur la formation, le maintien de la condition physique, l’utilisation du matériel adapté et le renforcement des procédures de communication post-accident auprès des différents intervenants.
Nous espérons aussi que cet accident puisse aider à la compréhension d’une nécessité d’évolution des matériels et techniques (manœuvres écheveaux, balise lumineuse, moyen de communication, etc.).

Le DDA souhaite proposer une présentation de ce dernier accident, lors du prochain CA. Ceci permettra de justifier ainsi la complexité de notre profession et de l’utilité des formations des personnels, des EPI performants, des matériels adaptés, etc.
Les élus pourront ainsi appréhender la nécessité d’un financement de fonctionnement du SDIS.

Nous conclurons par la nécessaire évolution organisationnelle indispensable à une vraie politique de prévention, d’hygiène et de sécurité au sein du SDIS. Nous n’accepterons pas qu’une organisation inadaptée soit la cause d’un nouvel accident.
Rappelons à nos décideurs que le 4eme considérant de la Directive Européenne 2003/88, précise que l’amélioration de la sécurité, de l’hygiène et de la santé des travailleurs au travail représente un objectif qui ne saurait être subordonné à des considérations de caractère purement économique.
Mais vous n’êtes pas obligés de nous croire

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