Réponse à la cour des comptes

Voici la réponse à la cour des comptes qui a égratigné l’image des sapeurs pompiers professionnels. Ses propos sont tiré de médiapart, un petit blog journalistique. Je vous invite aussi à aller voir les commentaires sur ce blog dont voici le lien: http://blogs.mediapart.fr/blog/appel-durgence/041211/la-cour-des-comptes-epingle-les-pompiers

Tout ceci est criant de vérité….

 

La cour des comptes a rendu un rapport le 1er décembre sur les dépenses de 50 SDIS (Services Dérpartemental d’Incendie et de Secours). La plupart des médias a repris en boucle un résumé facile. Les dépenses ont augmenté depuis 2001, les pompiers ne travaillent pas assez car ils sont en garde de 24 heures, et la cour préconise de réduire de 30 pour cent l’effectif professionel, et de le remplacer par des volontaires, en expliquant rapidement que la masse salariale des 40000 professionels était supérieure à celle des 195000 volontaires.

Qu’en est il exactement? Etat des lieux.

 

Le SDIS sous sa forme actuelle est le résulata de la loi de mai 1996 sur la départementalisation des services d’incendie et de secours. La mise en place complète des SDIS devait se faire avant mai 2001;

Cela concerne tout les département de France, exceptés Paris et les trois départements de la petite couronne, qui ont une gestion militaire, les « pompiers de Paris », et la ville de Marseille, qui a été exclue du champ de cette loi « grace » à la mairie de Marseille. Les Bouches du Rhone donc ont deux SIS dans le meme département, le BMPM (Bataillon de Marins pompiers de Marseille), et le SDIS13.

Avant 1996 donc, la gestion des sapeurs-pompiers était sous gestion communale, ou sous gestion de regroupement de communes, les communautés urbaines par exemple, ou pour certains, départementaux.

La gestion administravtive était donc « noyée » dans la collectivité d’origine, pour la paye par exemple.. Les services techniques étaient ceux de la collectivité, et non ceux des sapeurs-pompiers.

Il manquait déjà de l’effectif dans la plupart des centres de secours, mais en préparation de la loi, nombre de postes n’ont pas été créés ( entre 200 et 300 pour la collectivité qui m’employait à ce moment là)

La loi de 1996, précisait également que les collectivités ne pouvaient plus augmenter leur budget jusqu’au transfert vers le SDIS. Les budgets ont donc été gelé, notamment sur la création de postes, ou de constructions de centres de secours.

Autant dire que lors du transfert vers les SDIS, le report dans le temps est devenu pressant ( il manquait objectivempent 600 sapeurs-pompiers lors du transfert vers le SDIS). Il a donc été prévu un plan de recrutement important, de 50 créations de poste par an. Il fallait aussi prévoir le départ en retraite des agents recrutés dans les années 70 ( entre 100 et 150 départs en retraite par an).

Il a aussi été évident qu’un nombre important de communes n’avaient pas renouvellé leur matériel, en sachant qu’ils n’auraient plus la gestion des sapeurs-pompiers quelques temps plus tard.

 

Il est donc évident que ce que la cour des comptes a relevé est quelque part « normal ».

L’augmentation des effectifs est mis en évidence par la plupart des médias, ainsi que le mode de travail de garde de 24 heures, qui occasionne donc trop de jours de repos.

C’est une méconnaissance totale du fonctionnement des gardes opérationelles qui permet de dire cela, et de la part des médias, une preuve qu’il n’y a aucune investigation pour la rédaction d’un article.

La loi des 35 heures précise qu’une heure à disposition de l’employeur est une heure de travail. Autant dire que nous nous sommes réjouis de voir ceci écrit puisque nous étions soumis à un régime de garde différent suivant l’endroit ou on travaillait. Pour ma part, j’étais en régime 24 heures de garde pour 48 heures de repos, avec 5 semaines de congés. Ce qui revenait à faire 107 gardes par an.

Pour appliquer les 35 heures chez les pompiers en garde, recruter un agent pour deux. Autant dire que la réduction du temps de travail, ajoutée au recrutement prévu pour rattraper le retard des créations de postes avant le transfert s’avérait compliquée. Un décret d’application est donc venu régler tout cela. Il prévoit trois types de services. Le service « hors rang », le service garde 12 heures, jour ou nouit ( pour ces deux cas, il est prévu le une heure pour une heure, 1607 heures annuelles), et le garde 24 heures. Le fameux G24 repris dans tout les articles.

Ce fameux G24 est en fait un « foutage de gueule », et provoque de nombreuses tensions dans les centres de secours. Le décret donc contredit l’esprit de la loi, en disant qu’une heure n’est pas une heure, et laisse le droit aux SDIS d’établir le pourcentage. 24 heures de garde en France valent entre 16 et 17 heures. Un sapeur-pompier en G24 donc, effectue entre 90 et 95 gardes, ou en heures 2280 mais payées 1605!!!

Certains départements sont passés en garde 12, et ont donc créés beaucoup de postes.

Les appels 18 étaient aussi souvent gérés au niveau communal, il a fallu créer des centre de traitement des appels, gourmands en effectif.

Il a aussi été necessaire de recruter des personnels administratifs pour les services administratifs et techniques des SDIS (paye, ateliers mécaniques, transmissions…..)

Il faut aussi savoir que les SDIS ont leur propre système de santé professionel. Il y a donc en France des médecins, infirmiers, phramaciens, fonctionnaires territoriaux. Un médecin, meme fonctionnire ne va pas travailler pour 1500 euro mensuels. Il n’est donc pas étonnant que la masse salariale de la totalité des sapeurs-pompiers professionnels soit elevée, comparée à celle des volontaires comme le dit le rapport.

Il faut savoir déjà que le volontaire n’est pas considéré comme un travailleur selon la loi française. Il en resulte donc qu’il n’a pas de salaire, mais qu’il est dédommagé pour le temps qu’il consacre au SDIS. Il ne paye aucune charge sur cet argent, et ne le déclare ni aux impots, ni aux services sociaux. Le SDIS, lui n’est pas soumis aux charges employeurs. Le SDIS a donc tout interet à remplir ses centres de secours, et ses ervices de volontaires. Il est souvent recruté sur ses disponibilités, et non sur ses compétences. Il est donc courant de voir un jeune sans diplome, et sans travail etre choisi par un chef de centre, plutot qu’un père de famille qui travaille. Le jeune est disponible, et passe sa vie au centre de secours. Il peut percevoir 1500 à 2000 euro par mois, plus ses prestations sociales. Autant dire qu’il ne cherchera jamais de travail.

Il est donc logique que la cour des comptes propose une baisse de 30 pour cent des effectifs de professionels pour les remplacer par des volontaires.

Alors, c’est vrai qu’il y a des dépenses énormes qui pourraient etre évitées, mais encore une fois, pourquoi les médias mettent en avant le nombre trop important de sapeurs-pompiers professionels, et le fait qu’ils seraient privilégiés?

Des dépenses énormes, on peut les économiser sur le matériel. Là encore, comme pour beaucoup de choses en France, on a laissé au privé le soin d’imposer les normes publiques. Le cout des matériels est astronomique. Une lance, 700 euro, un tyau, 300, un sac pour le secours à victimes 300…..il suffit d’aller sur n’importe quel site pour voir le catalogue. D’ailleurs, il ne faut pas se tromper, les fameux congrés des sapeurs-pompiers sont entierement payés par les constructeurs et fabricants de matériels.

Les SDIS et l’Etat d’ailleurs ne se sont poas trompé, en installant un rapport conflictuel avec les syndicats, et en instaurant un climat de confiance avec la FNSPF (association loi 1901). Cette association est devenue l’interlocuteur privilégié du ministère de l’intérieur. Son ex Président en a d’ailleurs été bien remercié puisqu’il a intégré le corps prefectoral, une première!!!

Les textes sont donc adaptés pour le détricotage de la profession de sapeur-pompier, afin de la remplacer par des « bons volontaires ». Une équivalence par exemple de l’emploi, ou des diplomes du volotaire permet un acces à des grades de commandement, alors que pour un professionel, tout est soumis à concours, et à nomination.

Le centre ou je suis actuellement en est le laboratoire. La garde de 21 pompiers est composée majoritairement de volontaires, alors que ce n’était pas le cas il y a encore quelques années, et certains ont été nommés lieutenant, et assurent donc la gestion administrative et operationnelle, en commandant des professionnels qui ont 20 ans d’expérience.

Mais comme le manque d’effectif n’est pas réglé, et que l’on ne trouve pas des volontaires aussi facilement que le préconise la cour des comptes, il est d’usage de ne pas leur mettre de limites quand à leur activité. Certains font donc jusque 96 heures de garde consécutives. Une aberation, alors que pour un profesionnel, il est instauré un repos de sécurité de 24 heures après une garde de 24 heures.

La cour des comptes ne se penche pas apparement sur l’efficacité des secours…….malheuresement

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